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Grenoble

Les relations en trains directs au départ de Grenoble, ont beaucoup évolué depuis le début du XXème siècle pour se réduire comme une peau de chagrin depuis 2010.

Trains Directs : Grenoble global

Grenoble : trains directs, la situation aujourd’hui

En 2019, de Grenoble, hors la région Auvergne Rhône Alpes, on ne va en trains directs qu’à Paris, Genève, Gap et une fois par semaine à Avignon. Et dans la région, on ne va qu’à Annecy, Lyon et Valence

Les déplacements de longue distance en train, au départ de Grenoble, nécessitent des correspondances qui rallongent sensiblement le temps de parcours. Le taux de retard est tel qu’une correspondance en dessous de 15 mn n’est pas envisageable.

Par ailleurs, les dessertes en trains directs au départ de Lyon sont également en baisse. Ce qui a pour conséquence de diminuer également l’offre avec correspondances au départ de Grenoble.

Grenoble : trains directs, l’évolution dans l’histoire

La façade atlantique a longtemps été atteignable par différents points. Un train estival diurne via Toulouse et un train de nuit permettaient d’atteindre Hendaye et Irun. Un train diurne via Clermont Fd et Périgueux existait pour Bordeaux. Des trains diurnes via Bourges et un train de nuit, puis le TGV via Le Mans permettaient de relier Nantes. Enfin un train de nuit desservait la Bretagne Sud (Vannes, Lorient, Quimper et Brest).

Un train de nuit via Dijon ou via Lons le Saunier, selon les années, permettait de se rendre en Franche-Comté et Alsace (Besançon, Belfort, Mulhouse et Strasbourg). Pendant quelques années, un train diurne desservait Metz et Nancy via Dijon. Ces services ont fonctionné dans les années 1960 pour l’Alsace et 2000 pour la Lorraine.

Dans les années 1960-1980, le Catalan puis Catalan Talgo, a permis une relation directe vers le Languedoc Roussillon et l’Espagne. Il desservait Nîmes, Montpellier, Narbonne, Perpignan, Port Bou puis Barcelone. Le Catalan Talgo avait le label TEE (Trans Europe Express) à sa création.

Du temps des relations directs au départ de Grenoble : de gauche à droite pour Paris, Lille et Barcelona "Catalan Talgo"
Du temps des relations directes au départ de Grenoble : de gauche à droite pour Paris, Lille et Barcelona « Catalan Talgo » (décembre 1987)

Des trains diurnes et un train de nuit ont permis de relier Marseille, Nice et Ventimiglia pendant de longues années. Ceci a duré jusqu’à la mise en service de la ligne TGV jusqu’à Marseille.

Le TGV a relié Grenoble à Lille pendant une quinzaine d’années dans les années 1990 et 2000. L’ouverture du contournement Est parisien (1994) a permis la desserte de l’Aéroport Roissy Charles de Gaulle. Des TGV Grenoble – Bruxelles ont existé au début des années 2000.

A l’occasion de l’électrification du sillon alpin en 2014, un éphémère TGV Annecy – Marseille, les week-end, a desservi Grenoble. Il a disparu en décembre 2018.

Depuis fin 2018, le raccordement de Valence TGV financé en partie par les collectivités locales et mis en service en 2014, ne sert plus à rien en service régulier.

La ligne des Alpes a été parcouru par des relations directes pour Marseille via Veynes, de la fin du XIXème siècle aux années 1970. Un train direct Genève – Digne avec correspondance pour Nice via les Chemins de fer de Provence a desservi Digne de la fin des années 30 jusqu’aux années 70, avec une résurrection estivale quelques temps fin des années 1980. 

En 2019, la situation n’est pas éloignée de celle qui prévalait à la fin du XIXème siècle !

Grenoble : évolution des vitesses moyennes en train

Grenoble : vitesse moyenne

Toutes les relations étudiées (Grenoble vers Chambéry, Genève, Lille, Lyon, Marseille, Paris, Valence et Veynes) avaient des temps de parcours meilleurs par le passé !

Les causes peuvent être multiples et parfois cumulées : augmentation des marges de régularité, multiplication des arrêts commerciaux, création de nouvelles gares (Valence TGV), suppression des trains sans arrêt. Enfin pour la ligne de Veynes la multiplication des ralentissements est due à la vétusté de la voie.

Deux liaisons sont particulièrement catastrophiques puisqu’on est aux valeurs des années 1950/1960 : Grenoble – Valence et Grenoble – Veynes.

Même la liaison avec Paris voit sa vitesse diminuer par rapport au début des années 2000.

  • Grenoble – Chambéry : 99 km/h, soit une forte diminution par rapport à 1988 (110 km/h) malgré l’électrification de la ligne.
  • Grenoble – Genève : 83 km/h, soit une légère diminution par rapport à 2003 (86 km/h). L’électrification de la ligne entre Grenoble Universités Gières et Montmélian n’a pas changé la situation.
  • Grenoble – Lille : 170 km/h avec correspondance TGV à Lyon Part Dieu, liaison directe impossible. Soit une diminution par rapport à 2003 où la liaison était directe (179 km/h).
  • Grenoble – Lyon : 98 km/h, soit une très forte diminution par rapport à 1988 (118 km/h). Il existait alors des trains sans arrêts, maintenant ils ont tous au moins 4 arrêts intermédiaires.
  • Grenoble – Marseille : 120 km/h, avec correspondance TGV à Valence TGV, liaison directe impossible. Soit une très forte diminution par rapport à 2014 où existait une liaison directe en TGV (149 km/h).
  • Grenoble – Paris : 186 km/h, soit une diminution par rapport à 2003 (193 km/h). Ceci est probablement du à une augmentation des marges de régularité.
  • Grenoble – Valence : 84 km/h, soit la pire moyenne depuis les années 1960 (92 km/h en 1963). Malgré le doublement de la voie et l’électrification, en 1988 c’était 105 km/h. La liaison la plus rapide comporte aujourd’hui 3 arrêts intermédiaires là où il n’y en avait aucun avec le Catalan Talgo et un seul à Romans, pour nombre de trains.
  • Grenoble – Veynes : 50 km/h, soit la moyenne de 1950 avec une très forte diminution (65 km/h en 1963). Comme nombre de « petites lignes », le défaut de maintenance et des marges de régularité considérables ont généré des ralentissements conséquents.

Sur Grenoble – Valence et Grenoble – Veynes : même temps de parcours en 2019 que dans les années 1950/1960

Ce comparatif est basé, en partie, sur l’ouvrage – Douté R. (2018). « Performance ferroviaire [1] – Temps de parcours ferroviaires en France – Un siècle d’évolution 1914 – 2014 ». Paris : La vie du rail. Cf. Bibliographie.

Grenoble : comparatif des temps de parcours en Région

Comparatif Voiture Train Grenoble

Pour joindre quasiment tous les points de la Région, c’est plus rapide en voiture qu’en train au départ de Grenoble.

Quand on compare les temps de parcours en automobile et en train, pour atteindre les autres préfectures et quelques autres villes importantes de la Région Auvergne Rhône Alpes, seules Chambéry et St Marcellin sont atteignables plus rapidement en train qu’en voiture et ceci pour quelques minutes.

Le train est toujours plus lent que la voiture en situation normale. Ceci est probablement légèrement modifié en situation de pointe. 

Grenoble : comparatif des temps de parcours entre métropoles

Comparatif Voiture Train Grenoble

Grenoble est très mal positionnée dans le réseau des métropoles françaises : seulement deux sont atteignables directement en train : Lyon et Paris.

Seulement 7 métropoles sur 21 sont atteintes plus rapidement en train qu’en voiture depuis Grenoble. L’effet TGV ne joue donc que très peu au départ de Grenoble. Des relations directes de type train de nuit ou Intercité ne le compensent pas.

Pour quatre métropoles : Brest, Metz, Nantes et Orléans, le meilleur temps de parcours est obtenu par un changement de gare à Paris…

Grenoble : les trains directs au fil du temps (1871 – 2019)

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